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Pourquoi les garçons sont-ils moins nombreux que les filles à monter à cheval ?

  • Adrien DELMAS
  • 22 mai
  • 5 min de lecture

Lorsque l’on observe les cours dans de nombreux centres équestres, une chose frappe souvent les parents : les filles sont généralement plus nombreuses que les garçons.

Ce constat n’est pas seulement une impression locale. Il correspond à une réalité nationale.

Selon la Fédération Française d’Équitation, l’équitation est aujourd’hui le premier sport féminin en France. En 2024, les femmes représentaient 85,7 % des licences délivrées par la FFE, avec 555 525 licenciées. La FFE précise également que 49 % des licenciées ont moins de 18 ans.

La différence entre filles et garçons est donc très marquée, en particulier dans l’équitation de club.

Mais pourquoi ?

Un sport historiquement associé au prestige masculin… devenu très féminin aujourd'hui...

L’équitation n’a pas toujours eu l’image qu’elle a aujourd’hui dans les centres équestres.

Pendant longtemps, le cheval a été associé à des univers très masculins : l’armée, la chasse, les courses, l’agriculture ou le transport.

Du XVIIe au XIXe siècle, le cavalier est aussi une figure de prestige. Monter à cheval n’est pas seulement un moyen de se déplacer : c’est un signe de rang social, d’autorité, d’éducation et parfois de pouvoir. Le cheval accompagne l’aristocratie, les officiers, les propriétaires terriens et les élites sociales.

Mais l’histoire du cheval n’est pas exclusivement masculine. Dans l’Antiquité et dans les récits mythologiques, les cavalières existent aussi, notamment à travers la figure des Amazones, femmes guerrières associées au cheval, à l’arc et au combat. Même si elles relèvent en partie de la légende, elles rappellent que l’imaginaire équestre a toujours comporté une dimension féminine forte.

Avec le développement des poneys-clubs, des centres équestres et de l’équitation de loisir, la pratique a progressivement changé. L’équitation de club s’est construite autour :

  • de la relation avec l’animal ;

  • de l’apprentissage progressif ;

  • du soin au cheval ;

  • de la régularité ;

  • de la confiance.

Ces dimensions ont beaucoup attiré les jeunes filles, au point de transformer profondément le profil des cavaliers licenciés.

Des chiffres très parlants...

Les chiffres de la Fédération Française d’Équitation montrent l’ampleur du phénomène.

En 2024 :

  • les femmes représentent 85,7 % des licences FFE ;

  • 555 525 licenciées sont recensées ;

  • 49 % des licenciées ont moins de 18 ans ;

  • les femmes représentent 86 % des licences fédérales de compétition, tous niveaux confondus.

Autrement dit, l’équitation de club est aujourd’hui très majoritairement féminine.

Cela ne signifie pas que les garçons n’y ont pas leur place. Cela montre simplement que, dans la pratique actuelle, ils sont moins nombreux à s’inscrire et à poursuivre l’activité.

Une différence qui commence souvent dès l’enfance

Chez les enfants, les choix d’activités sont encore fortement influencés par les représentations sociales.

Les garçons sont souvent davantage orientés vers :

  • le football ;

  • le rugby ;

  • les sports collectifs ;

  • les sports de combat ;

  • les activités perçues comme plus “masculines”.

Les filles, elles, sont plus facilement encouragées vers des activités où la relation, la précision, l’attention et le soin tiennent une place importante.

L’équitation souffre donc parfois d’une image injustement “féminisée”, alors qu’elle demande aussi de la force, de la coordination, du courage, de la technique et une vraie maîtrise de soi.

Une image parfois trompeuse de l’équitation

Certains garçons peuvent hésiter à commencer l’équitation parce qu’ils pensent que ce n’est “pas pour eux”.

C’est une erreur.

L’équitation est un sport complet qui mobilise :

  • l’équilibre ;

  • la tonicité ;

  • la coordination ;

  • la concentration ;

  • la gestion des émotions ;

  • le courage ;

  • le respect de l’animal.

Monter à cheval, ce n’est pas simplement être porté de manière passive par un poney ou un cheval. C’est apprendre à trouver son équilibre, à communiquer avec un animal puissant et sensible, à anticiper ses réactions et à construire progressivement une relation de confiance.

La relation au cheval : une force, pas une faiblesse

L’un des grands malentendus concerne la relation avec le cheval.

Certains enfants, notamment certains garçons, peuvent croire qu’aimer s’occuper d’un cheval, le brosser, le préparer ou apprendre à le comprendre est une activité “moins sportive”.

En réalité, cette relation fait partie intégrante de l’équitation.

Un bon cavalier n’est pas seulement quelqu’un qui tient en selle. C’est quelqu’un qui apprend à comprendre son cheval, à anticiper ses réactions, à le respecter et à travailler avec lui.

Cette intelligence de la relation est une vraie compétence sportive.

La compétition : un des rares sports où femmes et hommes concourent ensemble

L’équitation possède une particularité rare dans le monde du sport : les femmes et les hommes concourent dans les mêmes épreuves, avec les mêmes règles et sur les mêmes terrains.

Cette mixité existe aussi du côté des chevaux : chevaux et juments peuvent concourir ensemble, selon les disciplines et les catégories.

C’est l’une des grandes forces de l’équitation.

La performance ne repose pas seulement sur la force physique, mais sur un ensemble beaucoup plus complet :

  • l’habileté ;

  • la finesse ;

  • la précision ;

  • la condition physique ;

  • la maîtrise mentale ;

  • la qualité de la relation avec le cheval.

L’équitation est donc un sport à part entière, où cavaliers et cavalières peuvent se mesurer à armes égales.

À très haut niveau, l’écart entre femmes et hommes se réduit d’ailleurs fortement. La Fédération Française d’Équitation indiquait en 2023 que les femmes représentaient 45,5 % des compétiteurs à plus haut niveau.

Cela montre que la différence observée dans les clubs n’est pas liée à une impossibilité sportive pour les garçons. Elle est plutôt liée à l’entrée dans la pratique, à l’image du sport et à la manière dont les enfants sont orientés.

Comment donner envie aux garçons de monter à cheval ?

Pour attirer davantage de garçons, il faut parfois présenter l’équitation autrement.

On peut insister sur :

  • la maîtrise d’un animal puissant ;

  • le courage nécessaire pour progresser ;

  • la technique ;

  • la précision ;

  • le saut d’obstacles ;

  • le cross ;

  • les jeux à poney ;

  • la compétition ;

  • le travail à pied ;

  • la relation de confiance avec le cheval.

Les garçons peuvent être très sensibles à l’idée de défi, de progression, de responsabilité et de maîtrise.

L’équitation peut parfaitement répondre à ces attentes.

Une activité pour tous les enfants

Au fond, la vraie question n’est pas de savoir si l’équitation est un sport de filles ou de garçons.

C’est un sport pour les enfants qui aiment les animaux, qui ont envie d’apprendre, de progresser, de prendre confiance et de développer une relation avec le cheval.

Certains enfants seront attirés par le soin et la relation. D’autres par la technique, le saut, la compétition ou le défi physique.

L’équitation permet justement de réunir ces dimensions.

Le rôle de l'école d'équitation

Un centre équestre a un rôle important à jouer pour accueillir tous les profils d’enfants.

Cela passe par :

  • des cours adaptés aux âges et aux niveaux ;

  • des poneys et chevaux bien choisis ;

  • des enseignants attentifs ;

  • des animations variées ;

  • des concours internes ;

  • des activités qui valorisent autant la relation au cheval que la progression sportive.

L’objectif n’est pas de transformer l’équitation en sport “pour garçons”, mais de rappeler qu’elle est un sport complet, exigeant et ouvert à tous.

En résumé

Les garçons sont aujourd’hui moins nombreux que les filles à pratiquer l’équitation, principalement en raison de représentations sociales, d’habitudes familiales et de l’image très féminisée de l’équitation de club.

Pourtant, l’équitation est un sport complet, technique, exigeant et formateur.

Elle développe la confiance, la maîtrise de soi, la coordination, le courage, la responsabilité et le respect de l’animal.

C’est aussi l’un des rares sports où femmes et hommes peuvent concourir ensemble, dans les mêmes disciplines et avec les mêmes règles.

Aux Écuries du Parc des Lyons, nous accueillons les cavaliers et cavalières selon leur âge, leur niveau, leur personnalité et leurs envies. Filles ou garçons, enfants ou adultes, chacun peut trouver dans l’équitation une manière de progresser, de prendre confiance et de construire une relation unique avec le cheval.


Nota: Les données chiffrées citées dans cet article sont issues des statistiques publiées par la Fédération Française d’Équitation. Elles peuvent évoluer chaque année selon les millésimes de licences.


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